EXTINCTION RÉBELLION :

“Rien n’importe plus que la vie sur Terre”

20 septembre 2019

Mardi, les scientifiques ont annoncé que le climat se réchauffe plus vite que prévu, si vite qu’il fera 7 degrés de plus à la fin du siècle si les mesures nécessaires ne sont pas prises dès à présent. En bloquant le pont Bessières à Lausanne, Extinction Rébellion demande au Conseil Fédéral de dire la vérité à la population de façon officielle et dès aujourd’hui sur cette situation critique par voie radiophonique et télévisuelle.

« Avec 5 degrés de moins, il y a 20’000 ans, un kilomètre de glace recouvrait Lausanne. Imaginez ce que pourraient représenter 7 degrés de plus ! » s’exclame Emilien. Il est scandalisé par le 19 h 30 de mardi soir expliquant : « La canicule, les périodes comme celles de cet été, devraient augmenter jusqu’à devenir, dans le pire des cas, la norme d’ici 2050 ». Les trois quarts de la population mondiale sera exposée à des vagues de chaleur mortelles d’ici 2100 si rien n’est fait selon une étude publiée dans Nature Climate Change. Même si les émissions sont fortement réduites, la moitié de la population humaine mondiale sera touchée.

Ce sont ces réalités scientifiques qui doivent être communiquées clairement par les médias et le Conseil Fédéral, par voie radiophonique et télévisuelle, exige le mouvement Extinction Rébellion. Pour que chacun puisse prendre la juste mesure de ce qui nous attend et puisse œuvrer collectivement à affronter l’inimaginable. Chaque déni, chaque hésitation se comptera en milliers de morts. Extinction Rébellion n’est –hélas – pas alarmiste : « Nous mettons en péril notre avenir » disaient 15’000 scientifiques de 184 pays il y a moins d’un an. Qui les a entendus ?

Le temps politique est dépassé. L’Initiative des Glaciers ne pourra être appliquée, si elle passe, qu’à partir de 2030. Les premières alertes globales remontaient au rapport Meadows en 1973. L’Initiative des Alpes, votée en 1994, n’est toujours pas appliquée. La loi sur le CO2 a été torpillée en novembre dernier. Les autorités ont pourtant, dans d’autres situations, déclaré l’état d’urgence : en 2008 et en moins de trois semaines, le Conseil fédéral a débloqué 6 milliards pour sauver l’UBS. On ne parle là que de réputation et d’un pan de l’économie Suisse…. pas de vies humaines, pas de biodiversité. Pour quoi cela est-il si compliqué ?

Lors de son intervention à la déclaration de rébellion d’XR qui s’est tenue en avril, Dominique Bourg a rappelé que cette destruction qui se déploie ne doit rien au hasard. Le grand coupable n’est autre que la logique du système qui encadre toute la négociation climatique. Son expression juridique internationale, le dernier alinéa de l’article 3 de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques est patent : « Il convient d’éviter que les mesures prises pour lutter contre les changements climatiques, y compris les mesures unilatérales, constituent un moyen d’imposer des discriminations arbitraires ou injustifiables sur le plan du commerce international, ou des entraves déguisées à ce commerce. » N’est-ce pas l’aveu d’un système qui estime que le commerce importe plus que le climat ? Que le commerce importe plus que la vie sur Terre ?

Devant le nihilisme du système en place et du manque de volontarisme de la classe politique, Extinction Rébellion propose à chacun de venir faire entendre dans la rue son inquiétude face à ce futur inacceptable et demander à nos autorités des mesures d’urgence à la hauteur du défi qui nous attend. « On veut montrer qu’on ne peut pas changer la situation en suivant les règles et qu’il faut désobéir ». Mais cette résistance est strictement non-violente.

Contact XR